LE COSTUME POURLETH
LE COSTUME FEMININ
Il est composé d’un corsage, d’un
corselet, d’une
jupe et d’un tablier. 
Si de nos jours les velours noirs recouvrent presque entièrement
le corsage, il n’en était pas ainsi au cours du XIXè siècle.
Les aquarelles originales de H. Lalaisse nous révèlent
un costume haut en couleurs allant du rose crevette au vermillon, en passant
par le cadmium orange auxquels s’ajoutent les bleus célestes
ou les verts acides des tabliers.
Si aujourd’hui les tonalités sombres dominent, la coupe
des corsages et des corselets est sensiblement demeurée la même,
mise à part les manches dites « pagodes » influencées
par les modes françaises du début du siècle.
Ces influences extérieures sont également
constatées
au cours du XIXè siècle où les modes de l’Empire
ont donné à certains costumes féminins, tel celui
de Locmalo, leur style particulier : taille courte, longueur démesurée
de la jupe. La diversité, la fantaisie la plus grande sont, au
cours du XIXè siècle (jusqu’aux environs de 1880),
monnaie courante dans les modes vestimentaires du pays pourleth comme
d’ailleurs
dans celle du pays voisin de Pontivy.
Le costume de travail
Le tissu est fait de toiles ravaudées et de draps solides, accompagné de
sabots de bois et de sobres capots. Le tablier n’est ni dentelé ni
brodé. Sur leur tête la « kouef bihan » est souvent
recouverte d’un capot. Essentiellement coiffure de travail, il est
composé d’un cylindre de satinette noire enserré par
un large ruban. Une doublure en satinette bleue, parfois verte ou mauve,
retombe en pans couvrant les épaules et atteignant la taille, si
bien que certaines femmes pour des raisons de commodité, enfilaient
les extrémités dans leur ceinture.
Sous le tablier ample, froncé et noué à la taille,
un corselet recouvre le corsage ; plus tard, ces deux pièces n’en
feront plus qu’une. Au début du siècle le corsage
est remplacé pour le travail par un sarrau à encolure carrée, à plis
devant et fronces derrière.
Les costumes de fête
A partir de 1880, jupe corsage et corselet sont noirs y compris pour
la robe de mariée. Sur les manches et au bas de la jupe, une bande
de velours mesure environ 20 cm de haut. Sauf rare exception, les broderies
n’apparaissent que sur la coiffe, les manchettes et le tablier.
Initialement en velours, vert ou bleu roi, le tablier est par la suite
confectionné le plus souvent en satin coloré, parfois en
moire et même en soie. Il est très sobre et la plupart du
temps décoré à la main. La richesse des ornements
et leur profusion dépend de la date, des circonstances et de la
fortune familiale. Les premiers ornements qui accompagnent les broderies
sont des bordaoù jaunes, collés, accompagnés de perles
de même couleur. Puis le perlage se répand et certaines fronces
sont entièrement recouvertes de perles. Les costumes du début
du XXè siècle offrent une palette de tabliers peints, brodés,
perlés ou ajourés en broderie Richelieu.
LE COSTUME MASCULIN
Les hommes portent le costume noir dit des Mille boutons
de 1920 ; en laine Mérinos presque entièrement recouvert
de bandes de velours. C'est typiquement le costume du Pays Pourleth .
Le gilet dont les deux côtés se croisent sur la poitrine
est garni de deux rangées de boutons argentés très
serrés, la veste est également garnie de 2 rangées
de boutons si rapprochés les uns des autres que cette particularité à fait
donner à la mode pourleth le nom de Mille Boutons.
Le costume homme aux Mille Boutons est l’un des plus riche de Bretagne.
1870-1900, nous retrouvons les hommes portant le costume de lin blanc
et le bragou berr (pantalon long) ou aussi, plus souvent, un pantalon
gris cendré la plupart du temps porté avec des guêtres
en laine et une ceinture en laine ou en cuir ornée d’un fermoir.
Le
chapeau rond était en velours à larges guises arrière
sans boucle.
Style et influences des costumes masculins du pays pourleth
du XIXè siècle
Le chupenn (veste) de Guémené : ses larges
godrons évasés par le bas sont un souvenir de la Renaissance.
Peu à peu le chupenn a diminué de longueur, mais son ampleur
s’est maintenue. (Doit-on voir dans son ampleur la raison du surnom
pourlet ? Pourc’h = Habillement, Led = Largeur ; Habillement Large
?)
En pays pourleth, les premiers chupenn et gilets que
nous connaissions sont coupés dans un gros droguet de laine blanche,
brute et piquée sur une forte toile intérieure. Une large
tresse de coton noir entoure le col du chupenn et celui du gilet, soulignée
par deux bandes larges de velours noir. De chaque côté de
la poitrine s’aligne une rangée de boutons de métal
blanc se touchant ou se recouvrant partiellement les uns les autres.
LE COSTUME DES ENFANTS
Le costume de baptême des nourrissons pourleth
est très élégant, les bébés sont emmaillotés
dans une robe et un bonnet brodés du plus bel effet.
Jusqu’à 4 ou 5 ans, les garçons comme
les filles, portent une robe le kaldra souvent protégé par
un tablier.
Les fillettes sont coiffées d’un bonnet
d’où s’échappent leurs cheveux. Des rubans ornés
de dentelles retombent sur l’épaule. Cette coiffure retenue
par une jugulaire coquettement nouée sur l’oreille gauche
est agrémentée de motifs crochetés ou brodés.
En grandissant, les collerettes diminuent de plus en
plus. Peu à peu, les fillettes portent une
"réduction" du costume de leur mère mais conservent
leur bonnet. Il en sera ainsi jusqu ‘au jour de leur communion,
pour laquelle elles relèvent leurs cheveux sous leur première
coiffe. C'est à ce moment là également que les garçons
revêtent le même
costume que leur père.