LA PLACE DU MARCHE AUX PORCS
Au début des années 1970, le Marché aux Porcs était
encore, un jeudi sur deux, le rendez-vous vivant et coloré du pays
pourleth. Sous les marronniers, les transactions allaient bon train entre
acheteurs et vendeurs, ponctuées par les appels des gens, les grognements
et les couinements des porcs et porcelets enfermés dans leur cages.
Dans les cafés autour de la place (il y en eut jusqu’à sept),
c’était la grande foule.
Les foires étaient renommées depuis très longtemps
: au XIVè siècle, Froissard mentionnait dans ses chroniques
que la ville était « moulte riche, pleine et marchande ».
En 1839 la rue neuve ne suffisait plus à contenir le marché du
gros bétail, la municipalité de l’époque voulait
exposer une partie de ces animaux au Marché aux Porcs. On envisagea
alors de déplacer ce dernier sur un terrain dépendant du
château le long de la muraille de la rue de la Barrière (aujourd’hui
rue Trébuil). Mais ce projet fut abandonné. Le marché aux
porcs resta là où il était et la ville acheta un
terrain sur le Champ de Foire (devenu aujourd’hui Place Peuchant).
La transformation du monde agricole, l’apparition des grands élevages à sonné le
glas de ces foires. La place du Marché aux Porcs, mais aussi la
ville ont perdu en pittoresque et en animation et le commerce local en
a subi le contrecoup.
Pour beaucoup c’était aussi une occasion de rencontre, on
buvait ensemble et on échangeait des nouvelles.
ANECDOTE
Il y a plus de 200 ans, le ramassage des ordures ménagères
n’existait pas bien évidemment. Les rues, à l’époque
pavées, avaient une ou deux rigoles qui, les jours de pluie entraînaient
les déchets jetés par les fenêtres. Les chiens errants étaient
nombreux et faméliques, les cochons en liberté contribuaient
aussi à l’élimination des ordures : cette situation était
jugée normale ; on ne soupçonnait pas encore l’existence
des microbes.
Cependant, la municipalité de Guémené, consciente
de la nécessité d’assainir un peu les rues prit, le
8 août 1790 un arrêté ainsi rédigé :
« Défense à tout propriétaire ou gardien de
porcs qui peuvent se trouver en cette ville ou aux environs, de les laisser
courir dans les rus sous peine d’amende de 10 sous au profit de
l’hôpital pour chaque porc et de 5 sous pour chacun d’eux,
pour celui qui les prendra ».
Mais il devait déjà être difficile à cette époque
de faire respecter les arrêtés municipaux puisqu'à plusieurs
reprises, les mêmes recommandations durent être répétées.
Le 17 août, on interdit également "à tous particuliers
de jeter par la fenêtre et de déposer dans la rue des ordures";
La même ordonnance de police demande aux bouchers de s'abstenir "de
tuer ou de saigner dans les rues leurs bêtes sous peine d'amende
au profit de l'hôpital".